The Tenth Circle, de Jodi Picoult

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Réédition du 13/01/2014

Le challenge Un genre par mois commence bien, avec un premier roman lu en moins d’une dizaine de jours! I’m on a roll!

Petite introduction : je lis très peu de « littérature contemporaine ». Parmi tous les genres du challenge, c’est peut-être celui qui m’intéresse le moins à priori. Vous connaissez peut-être la « loi de Sturgeon » : 90 % of everything is crap. Mais c’est, à mon avis, encore plus vrai pour la littérature contemporaine. Ou, plutôt, disons qu’on ne peut rien sauver de la merde contemporaine; c’est de la vanité à l’état pur. Alors que dans la littérature de genre, en romance, en fantasy, en SF, en polar, même la « merde » a généralement un intérêt, des qualités : c’est divertissant, c’est relaxant, c’est dépaysant, ça fait réfléchir (… même à l’insu de son plein gré, parfois, quand un livre fait réfléchir à ses défauts, aux raisons de ses défauts et aux moyens d’y remédier).

Pourquoi j’ai choisi The Tenth Circle? Parce que Jodi Picoult m’avait été recommandée (and I’m a sucker for recs, surtout quand elles viennent de personnes que j’apprécie/admire), et que ça fait au moins trois ans que ce livre-là attendait dans ma PAL.

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The Tenth Circle m’a beaucoup fait penser à One Breath Away, de Heather Gudenkauf. Mais en mieux. Si vous vous rappelez ce que j’avais pensé de ce dernier roman (ma chronique est sur Goodreads), qui a pourtant reçu énormément d’éloges, il m’avait laissé un sentiment mitigé. Maintenant que j’ai lu Picoult, qui publie bestseller sur bestseller depuis des années, j’ai l’impression que Gudenkauf a essayé de la copier, ou du moins à investir son marché, sans être tout à fait à la hauteur de son modèle. (Et dire que les gens parlent avec condescendance de « formule » pour la littérature de genre! Seules les personnes qui, comme moi, ne lisent jamais de « blanche » peuvent se faire avoir par ce genre d’hypocrisie.)

Il est difficile de classer ce roman, qui est à la croisée de plusieurs genres sans correspondre réellement à aucun. C’est la raison pour laquelle il m’est apparu comme appartenant parfaitement à cette étiquette bâtarde qu’est la « littérature contemporaine ». C’est un roman sociétal, avec une thématique familiale, mêlé d’un élément policier. Comme pour s’assurer que le lecteur ne s’ennuiera pas trop, comme pour faire d’un livre qui prétend par ailleurs poser des questions sérieuses et éthiques un page-turner. Vraiment, la bâtardise dans toute sa splendeur. On referme le livre sans savoir si on a aimé parce qu’on l’a lu vite, en voulant savoir la suite, ou parce que c’est relativement bien écrit, ou parce que ça traitait de sujets complexes et fascinants. La recette parfaite du bestseller : un mélange grossier d’emprunts qui ne s’assument pas.

Je ne peux pas en dire beaucoup sur l’histoire sans la gâcher pour vous. Il s’agit d’un récit où s’entrecroisent les voix de plusieurs personnages, avec des incursions dans le passé qui donnent ponctuellement un nouvel éclairage au présent. Parmi les points de vue prédominent celui de Trixie, une ado de quatorze ans qui vit mal sa récente rupture avec le garçon de ses rêves, celui de Daniel, son père, un dessinateur de comics au passé mouvementé devenu papa modèle, et celui de sa mère, Laura, une prof d’université qui trompe Daniel depuis quelque temps.

The Tenth Circle fait référence à l’Enfer de Dante, où sont décrits les neuf cercles de l’enfer. Laura est spécialisée dans l’étude de cette œuvre, et Daniel s’en inspire également pour la bande dessinée qu’il est en train de réaliser (et dont les planches entrecoupent les chapitres; mais je ne peux pas dire que j’ai été convaincue par l’intérêt fondamental de ce « bonus »). Dans The Tenth Circle, ils vont tous deux réaliser qu’il existe peut-être un dixième cercle de l’enfer : celui où ils se retrouvent bientôt plongés…

Je le présente peut-être de façon un peu critique, mais les aspects intéressants de ce livre que j’ai cités plus tôt sont réels. Si les problèmes des adultes me passent toujours un peu au-dessus de la tête, j’ai apprécié la représentation très crue de l’adolescence, entre auto-mutilation, jeux sexuels et drogues. Ça m’a donné envie de me replonger dans certains de mes projets d’écriture plus sombres… Ensuite, il y a toute une partie du livre où l’enquête est vraiment bien menée et nous garde sur la pointe des pieds. Dommage que j’aie très vite deviné l’identité de l’auteur du second crime et que le dénouement du roman semble ne reposer que sur sa révélation (la fin reste ouverte et vague sur les autres plans).

En fin de compte, une lecture plutôt satisfaisante, même si elle ne suffira pas à détruire mes préjugés contre la littérature contemporaine. Comme pour la chick lit, plusieurs bons livres ne compensent pas à mes yeux l’absence cruelle de livre réellement génial.

Note au 12/04/2017 : En anglais, ce genre de fiction (commerciale, mais pas de genre) s’appelle aussi « mainstream ».


One Comment on “The Tenth Circle, de Jodi Picoult”

  1. […] dans le thème de janvier du challenge Un genre par mois (de toute façon, j’ai déjà fait ma lecture obligatoire), qui est, je vous le rappelle, la littérature contemporaine. Un « genre » bâtard, de […]


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