Pêle-mêle du dimanche

C’est surprenant de m’apercevoir que j’ai dans ma PAL si peu de livres écrits par des auteur-e-s non-blanc-he-s (ou LGBTQ2IA+, d’ailleurs)…

L’un des seuls autres (après The Jade Temptress) que j’ai pu dénicher, je l’ai aussi depuis plusieurs années : Angel’s Blood, le premier tome de la série Guild Hunter. Ça fait un moment que je n’avais pas lu de romance paranormale; ça me donne envie d’en écrire. C’est un peu le problème que j’ai avec la lecture : ça stimule un peu trop mon imagination (et/ou mon esprit de compétition?).

L’auteure, Nalini Singh, est néo-zélandaise, mais aussi, comme son nom l’indique, d’origine indienne. Même si ses livres semblent s’inscrire dans la norme des livres de romance, avec des contextes et des personnages essentiellement occidentaux, je pense que l’expérience d’une double culture, ainsi que d’être identifiée comme non-blanche, apporte forcément une perspective un peu différente de celle d’une personne « majoritaire ». Ne serait-ce qu’un peu plus de diversité dans le « casting » général…

Pour la suite, je me suis résolue à devoir sortir ma carte de crédit et à acquérir de nouveaux titres. Ce n’est pas plus mal : ça fait deux ans que j’avais fait le vœu de ne plus injecter d’argent dans l’industrie du livre, et il est peut-être temps que je m’y remette — à condition de bien choisir les destinataires de mon soutien.

Octavia’s Brood, Science Fiction Stories from Social Justice Movements est un bouquin que j’ai repéré il y a près d’un an dans le catalogue d’AK Press, un éditeur et distributeur anarchiste américain qui tenait un stand au Salon du livre anarchiste de Montréal. J’avoue que je suis très avide de tout ce qui a le bon goût de mêler politique et fiction de genre; c’est probablement ce que j’aimerais le plus écrire moi-même. Or, c’est une espèce plutôt rare; on dirait que les militant-e-s ont plus d’affinités avec la non-fiction, la fiction dite « littéraire » ou encore la poésie.

Le titre fait référence à Octavia E. Butler, une auteure noire de science-fiction. Je ne la connaissais même pas, et ça me renforce dans ma détermination à découvrir les classiques de SFFF écrits par des femmes… car oui, il y en a! Seulement, les hommes ont toujours le haut du pavé, et c’est un cercle vicieux quand on continue à conseiller encore et encore les mêmes auteurs masculins sans jamais s’interroger sur leur incroyable homogénéité (ils sont également souvent blancs — ce qui me rappelle que j’ai aussi Samuel R. Delany sur ma liste d’auteurs à explorer).

Enfin, un mot sur les élections… les présidentielles françaises, évidemment — car, bien que Canadienne, née Canadienne au Canada, je suis aussi française undercover (ou pas). Je serai curieuse d’apprendre le taux de participation en Amérique du Nord, car il est traditionnellement faible et, en 2012, je me rappelle être entrée dans le bureau de vote sans aucune attente. Au contraire, cela m’a pris hier pas moins de 2 h 30 en tout pour aller voter! La queue faisait supposément un kilomètre et demi. Impressionnant, épuisant et quelque peu étonnant de songer que tou-te-s ces Français-es devant et derrière nous étaient déterminé-e-s à mettre leur bulletin dans l’urne au point d’y passer un bon bout de leur journée.

À titre personnel, je ne milite pas pour le vote; je suis très mal à l’aise face aux discours culpabilisant l’abstentionnisme. De ma proximité avec les idées anarchistes, j’ai même un certain penchant pour l’abstentionnisme, et je n’ai pas voté pour les dernières élections provinciales comme fédérales. Cela dit, je suis une girouette : sur beaucoup de sujets, j’oscille périodiquement entre deux positions, l’une qu’on pourrait qualifier de plus radicale, alignée avec mes principes philosophiques, et l’autre plus pragmatique.

En ce moment, je me rapproche plutôt du pragmatisme. La conjoncture, vraiment… Le résultat des dernières élections présidentielles aux États-Unis, déjà, qui m’a forcée à réfléchir et à remettre en question mon « rejet » du pouvoir symbolique des élections (pas si symbolique que ça pour toutes les personnes qui font depuis novembre les frais de la victoire de Trump). Et, malgré toutes les critiques que j’entends au sujet de la campagne, l’impression positive qu’au moins, en France, on n’en est pas encore réduit-e-s au bipartisme; que les grands partis traditionnels ne détiennent pas le monopole sur la vie politique — assurant par là une répétition inlassable du même, tendance pire —, en somme, que pour une fois, ça brasse, comme on dit au Québec…

Même si je trouve le ton un peur dur, facilement accusateur, il y a cet article qui exprime bien les raisons pour lesquelles, cette fois au moins, j’ai laissé l’abstentionnisme de côté et je suis allée voter : Mépriser les urnes : un plaisir de dandys.



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