Rachel’s Holiday, de Marian Keyes

Réédition du 29/01/2014

En cette fin de mois de janvier, je suis heureuse de vous présenter… mon premier coup de cœur de l’année!

RachelsHoliday

J’ai acheté ce livre lorsque l’ebook était en spécial, sur la recommandation d’une amie Facebook. J’ai découvert un style, une auteure… que j’ai bien l’intention de continuer à lire.

Je ne sais pas si je peux le compter dans le thème de janvier du challenge Un genre par mois (de toute façon, j’ai déjà fait ma lecture obligatoire), qui est, je vous le rappelle, la littérature contemporaine. Un « genre » bâtard, de toute façon, qui ne veut pas dire grand-chose… Est-ce que tous les livres qui sortent ces dernières années ne sont pas, par définition, de la littérature « contemporaine »? Ah, non, c’est vrai que certains ne sont pas de la littérature; j’ai nommé la romance, la science-fiction, la fantasy, le policier, le roman historique…

Le fait est que Rachel’s Holiday, si on peut aisément le considérer comme un roman de littérature blanche, reprend aussi les codes de la chick lit : une héroïne bien ancrée dans son époque et qui est aussi la narratrice, un ton humoristique, l’exploration de ses relations amicales et sentimentales et, enfin, une progression qui la voit passer d’une vie profondément insatisfaisante à un équilibre et un bonheur retrouvés.

J’ai envie de considérer Rachel’s Holiday comme de la chick lit, mais, en même temps, force m’est de reconnaître que ça ne ressemble à aucun livre de chick lit que j’ai pu lire par le passé… Et pour cause : c’est un genre qui a toujours échoué à m’impressionner ou me captiver, ce que ce roman de Marian Keyes a au contraire accompli haut la main.

Je l’ai trouvé à la fois infiniment plus drôle et infiniment plus grave et sérieux que la chick lit habituelle. Surtout dans la première moitié, mais aussi à quelques reprises dans la seconde, j’ai littéralement pleuré de rire. Et cela ne m’arrive vraiment pas souvent… Il y avait des passages entiers où je me disais que tout méritait d’être cité, tant la formulation était excellente, hilarante. Et, d’un autre côté, c’est un roman qui traite, et pas qu’en arrière-plan, de l’addiction, de la dépendance, et qui m’a aussi arraché des vraies larmes d’émotion.

Rachel est irlandaise et vit à New York. Obsédée par l’image qu’elle se fait de ce qu’est une vie « cool » et glamour, elle passe son temps à sortir, se bourrer la gueule, sniffer de la cocaïne et chercher l’approbation de toutes les personnes in, et des hommes en particulier. Après une overdose accidentelle, elle se retrouve à l’hôpital. Alertés, ses parents décident de la rapatrier en Irlande pour qu’elle suive une cure de désintoxication.

Évidemment, c’est n’importe quoi : Rachel n’est pas une junkie… Elle aime juste faire la fête, est-ce un crime? Toutefois, elle accepte d’entrer aux Cloisters quand elle apprend que des pop stars y ont séjourné. Peut-être qu’elle rencontrera des gens célèbres? Il doit bien y avoir un gym, un sauna, etc. là-bas. Finalement, c’est un peu des vacances qu’on lui offre, et elle peut bien en profiter…

Rachel est une narratrice vraiment surprenante. À certains égards, on s’identifie à elle et on sympathise, comme dans toute chick lit qui se respecte ; en même temps, on la plaint et on rit d’elle (ses premiers jours aux Cloisters relèvent pratiquement de l’humour absurde); enfin, elle a aussi des côtés franchement antipathiques et glauques, addiction oblige. Du reste, son portrait émerge en partie petit à petit, puisque l’auteure doit concilier les exigences de la narration à la première personne avec le déni caractéristique des toxicomanes.

Au niveau de l’histoire, on alterne entre sa découverte des Cloisters et des autres patients qui y résident, et des flash-backs de sa vie à New York, centrés notamment sur l’évolution chaotique de sa relation avec Luke, son ex.

J’ai également trouvé la représentation de sa famille, soit ses parents et ses sœurs, très convaincante (Marian Keyes a écrit des romans autour des quatre autres filles Walsh). Pour avoir eu ma part de problèmes psychologiques, j’ai pu me retrouver dans l’idée de cette fille qui est sortie totalement fucked up d’une famille pourtant assez normale (pas de violences physiques, d’abus sexuels ou de conditions de vie extrêmes). Étant donné que Keyes a elle-même connu l’alcoolisme, la dépression et la désintoxication, cela m’a fait m’interroger sur la possibilité de personnes qui n’auraient pas vécu de choses similaires d’écrire à leur sujet de façon véridique. Est-ce que la recherche et la sensibilité artistique suffisent? Je me sens si souvent complètement détachée des textes qui le prétendent…

Sans spoiler, je vais juste signaler pour conclure que l’épilogue m’a un peu déçue. Pas vraiment surprise, je m’y attendais même plutôt, mais… la façon dont ce dernier rebondissement est amené, en seulement deux pages, lui donne un effet « cheveu sur la soupe ». Surtout après la fin du dernier chapitre, si forte, si puissante, mais toujours dans le ton décalé qui porte le livre :

The ghost was finally laid.
I just wished it had been me.
But I was so proud of myself.
I was Rachel Walsh. A woman, an adult. A heifer, a babe, a lost sheep, an addict.
A found sheep.
A survivor.


12 commentaires on “Rachel’s Holiday, de Marian Keyes”

  1. Oh, ça a l’air sympa… je note 😉

    (Et j’ai vu que tu as bien aimé Mr. Perfect de Linda Howard 😀 )

    • Jeanne dit :

      Oui, je l’ai lu il y a quelques années… Mon compte Goodreads est très incomplet en ce qui concerne les lecture d’avant mon inscription (jamais eu le courage des les ajouter systématiquement).

      • Ah, d’accord !! Perso je rajoute ça au fur et à mesure que je me souviens d’une lecture, mais j’ai un avantage : j’adore faire des listes, ce genre de choses… noter, classer… (c’est pour ça que j’adore aussi être « Goodreads Librarian » !)

      • Jeanne dit :

        J’aime bien aussi, mais je considère ça comme de la procrastination… par rapport aux trucs plus importants et/ou constructifs que je devrais faire à la place. 😛

      • Ah, mais C’EST de la procrastination, ça, c’est sûr XD

      • Jeanne dit :

        Hi hi ! Par un côté, c’est une entreprise constructive… mais ensuite, on se dit : à quoi tout cela sert-il vraiment ? Et bon… à voir.

  2. J’adore Marian Keyes. C’est une pionnière de la chick lit, elle n’est pas suffisamment traduite en français à mon avis 🙂

    • Jeanne dit :

      Oui, c’est ce que j’ai pu voir ici et là, d’où le fait que je n’ai finalement pas hésité à la classer dans ce genre. Moi qui attendais justement de lire un jour de la chick lit qui me touche vraiment… 🙂

  3. Chi-Chi dit :

    J’ai beaucoup aimé ce livre, mais je partage ton sentiment sur les deux dernieres pages ,presque superflues finalement!

    • Jeanne dit :

      Oui, on dirait presque que son éditeur lui a demandé de les rajouter pour que ça rentre mieux dans les codes, que la fin soit plus clairement « heureuse ». Je ne suis pas contre l’idée elle-même, mais c’est un peu too much too fast, après les galères sans fin du reste du livre…

  4. miss bunny dit :

    je garde ta chronique sous le coude pour quand j’aurai lu ce livre, parce que je n’aime pas lire l’avis d’autres personnes avant de me faire le mien. De cet auteur j’ai lu this Charming Man que j’ai adoré, alors Rachel’s Holiday est dans ma PAL depuis logtemps ! Il faudrait que je l’en sorte…


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