Pêle-mêle du dimanche

Aujourd’hui, parlons un peu de séries TV… Parce qu’on ne pouvait pas passer à côté du tout frais American Gods! Je n’ai regardé que le premier épisode, et je veux bien en voir plus, mais… la chose qui m’a le plus frappée, c’est la masculinité de… d’à peu près tout, en fait : les personnages, leur personnalité, leurs interactions, le ton, les scènes, la violence même. Déjà, il y a beaucoup de violence, y compris esthétisée et/ou humoristique; mais, surtout, c’est de la violence de mecs. Un combat de guerriers, une bagarre de bar, un passage à tabac…

Tous les personnages de l’épisode sont des hommes, sauf deux, qui n’apparaissent que dans un rôle et un rapport sexuel avec un homme (pour le test de Bechdel, on repassera!) : la veuve cocue qui se jette sur le protagoniste central dans une tentative de revenge sex, et Bilquis, dont on attend de savoir plus, mais que mon conjoint m’a spoilée comme étant un succube. Peut-être que Gaiman l’aura tourné différemment, mais, à priori, un succube n’est pas une femme ni même un être féminin ou femelle; c’est un démon qui prend l’apparence d’une femme pour piéger les hommes.

Mais, plus que des personnages qui se trouvent être des hommes, ce sont des personnages stéréotypiquement masculins, chacun à sa façon. D’abord, il y a l’ancien détenu, taciturne et bien bâti, qui s’est endurci en prison et qui sait se battre (Shadow). Ensuite, on a le vieux sage excentrique, mystérieux, nonchalant, au courant de tout et partout à la fois — toujours en contrôle de tout et, semble-t-il, de tout le monde (Mr. Wednesday). Puis on a le petit malin qui trouve son plaisir à asticoter Shadow jusqu’à faire sortir sa violence et pouvoir lui rendre la pareille (Mad Sweeney). Enfin, le dernier personnage (Technical Boy) repose sur le cliché du petit roi cruel et capricieux (à la Joffrey Baratheon, vous voyez?).

Mon propos n’est donc pas seulement de souligner que des hommes ont été choisis pour incarner ces rôles, ou que c’est le genre masculin qui a été choisi pour ces personnages. Le genre n’est pas arbitraire ici, il est instrumental. On ne pourrait pas changer le sexe des personnages impunément; cela ferait éclater tout le sens de l’épisode, et en créerait un tout autre à la place. C’est juste à ce point fondamentalement, profondément une histoire de mecs. Et si ce n’est pas mal ou problématique en soi, j’avoue que j’aimerais voir ça assumé, voire dénoncé plus souvent, plus clairement.

Quand je songe à toute la m**** que la romance se prend dans la face pour oser mettre en scène des stéréotypes virils, ou des couples homme-femme où le pouvoir peut être perçu comme déséquilibré, et qu’ensuite, je regarde un truc pareil, un sandwich de clichés et de masculinité… Ouais, j’ai un peu la haine. Si je comprends bien, si ce sont des hommes qui le font et qu’il n’y a pas de sentiments sirupeux en vue (parce que le sirop, c’est un truc de meufs!), ça va, mais si c’est une femme et qu’elle a le malheur de parler d’amour, tous les coups sont permis, allez-y, défoulez-vous, les gars…



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