Pêle-mêle du dimanche

Ma crise d’écriture n’en finit pas de se prolonger (j’en sors tout juste alors que j’écris ceci)… Le bon côté, parce qu’il y en a toujours un — j’adore l’expression anglaise de « silver lining », cette bordure lumineuse « argentée » qu’ont les nuages et qui rappelle que le soleil est juste derrière —, c’est que je me suis remise à lire. Et tout ce que je lis est extra. Je ne pouvais donc résister à vous en parler, puisque ce sont des lectures que je ne chroniquerai pas. À cette heure, je n’ai fini aucun des livres présentés ci-dessous, mais je les savoure d’autant plus…

En premier, j’ai envie de vous parler d’un coup de cœur inattendu. Il s’agit d’un livre entre mémoire et documentaire, que ma sœur a laissé chez moi en prévision de son déménagement : Chinoises, de Xinran, une ancienne présentatrice de la radio chinoise, désormais émigrée à Londres. À la base, je m’y suis intéressée parce que je souhaite écrire un personnage chinois, et je me rends compte que je connais mal ce pays et cette culture… À la deuxième page (excluant le prologue), j’étais scotchée, bouche bée, et je savais que je devais absolument lire la suite. J’en ai dévoré plus de la moitié en une soirée, en me couchant après minuit.

Sans surprise, ce livre a été un bestseller à sa sortie, en 2002. Je ne peux que vous conseiller de le lire. C’est incroyable, bouleversant, ça dépasse la fiction…

On contemplait la scène devant nous, les bâtiments effondrés, les canalisations éventrées, les trous béants dans le sol, les cadavres partout, à même le sol, pendant aux poutres des toits et hors des maisons. Une nuée de poussière et de fumée s’élevait. Il n’y avait ni soleil ni lune, personne ne savait l’heure qu’il était. On ne savait plus si on était encore sur la terre des vivants.

Dans un tout autre style, après avoir fini Cyberpunk Reality, de Saint Epondyle (que je chroniquerai sans doute un de ces jours), j’ai eu envie de découvrir davantage la littérature cyberpunk, dont les thèmes me parlent beaucoup, mais que je connais mal. Et quoi de mieux pour commencer qu’un classique, j’ai nommé A Scanner Darkly de Philip K. Dick? Il y a deux ans, j’avais lu The Man in the High Castle. Je me souviens avoir beaucoup apprécié sa prose. Malheureusement, j’en ai gardé une impression mitigée à cause de la fin, que j’ai trouvée décevante, ou que je n’ai peut-être tout simplement pas comprise…

Cette fois, j’espère donc que ça ne va pas retomber pareillement comme un soufflé, parce que, pour l’instant, j’adore! Tous les aspects sont forts et maîtrisés, de la façon dont le mystère s’épaissit peu à peu, dont les différentes branches narratives se mêlent, à l’écriture elle-même — tous les passages en indirect libre, la retranscription des pensées, mais aussi le sens de la formule, l’art de te faire éclater de rire en une phrase —, sans oublier les personnages… Ah, Jim Barris! Impayable. Il y a cette phrase que je trouve hilarante, mais je ne sais pas s’il est possible de saisir sa portée hors contexte :

For over an hour Barris had been attempting to perfect a silencer made from ordinary household materials costing no more than eleven cents.

C’est aussi une histoire de camés… D’ailleurs, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller lire la note de l’auteur à la fin, et j’ai pleuré (moi, cette madeleine).

Après ça, j’ai emprunté à la BAnQ le livre In the Cage, de Kevin Hardcastle. Une fois n’est pas coutume, je lis de la littérature canadienne contemporaine! Je suis tombée sur ce bouquin par hasard, grâce à la magie des liens et de Twitter, via une interview de l’auteur sur le site Electric Literature. Oui, les lecteurices lisent les interviews, et pour moi, si l’auteur-e y dit quelque chose d’intéressant, c’est beaucoup plus susceptible de me donner envie de le/la lire qu’une critique, même dithyrambique!

J’avoue que l’une des raisons qui m’ont attirée vers ce livre (hormis ma curiosité naturelle), ce sont les thèmes, qui recouvrent en partie ce que je souhaite moi-même traiter dans mes écrits. Ce livre a donc pour moi une valeur de document et d’inspiration. Jusqu’ici, je n’en suis pas aussi amoureuse que de mes autres lectures, mais je l’apprécie tout de même. C’est d’un bon niveau, les détails sont bien vus; il y a également un véritable effort sur la prose, ce qui me change de la plupart de mes lectures habituelles. J’aime ça quand il décrit les ambiances, les décors, mais, pour le reste, je ne peux m’empêcher de trouver que c’est… inutile. Une simple affectation, comme juste pour dire « j’ai un style ».

In southern Alberta he found a gym that wasn’t much more than a storage locker with floor mats, and there he learned Jiu-Jitsu from two white men who had learned a poor man’s version from a half-Brazilian day labourer. When he went back to Ontario, Daniel found a true Brazilian gym with men of suspect lineage to players in Rio de Janeiro and Curitiba and they beat him bloody about the ears and twisted him to pulp and he dreamt about it every night, lying battered and aching in his one-room shithole apartment in the east end of the city.

(En jiu-jitsu brésilien, tout le monde vient d’une lignée louche! La mythologie qu’on vous raconte n’est qu’une tactique marketing.)

J’ai aussi repris ma lecture de Dirty, une romance contemporaine de Kylie Scott. Je l’avais commencée l’année dernière, mais je m’étais interrompue assez vite. À l’époque, je venais de m’enfiler d’autres romances, et je saturais un peu… À présent, je peux aussi confirmer que le début du roman n’est pas la partie que je préfère. Il s’agit d’une romance écrite à la première personne, exclusivement du point de vue de l’héroïne, et les premiers chapitres se concentrent sur l’histoire rocambolesque (ie la découverte, le jour de son mariage, que son fiancé est gai) qui va la projeter par hasard dans la communauté qui est au cœur de la série, à savoir le staff du Dive Bar de Coeur d’Alene, en Idaho.

L’idée n’est pas mauvaise et folle à souhait; ça rappelle un peu les meilleurs Susan Elizabeth Phillips. L’auteure ne se débrouille pas trop mal non plus pour rendre cette histoire incroyable crédible. De toute façon, c’est de la romance, on ne cherche pas le réalisme absolu (three hot guys behind the same bar?). Finalement, ce qui m’a manqué, c’est simplement de l’intérêt pur et simple, de la sympathie aussi pour l’erreur de l’héroïne. Ce n’est pas une mauvaise idée intellectuellement, en tant que prémisse et backstory, mais ça ne m’a pas touchée. Les choses s’arrangent quand on entre enfin dans le Dive Bar et, depuis, je dois dire que je m’amuse comme une folle!

Ce ne sera pas forcément ma romance préférée, mais je suis séduite malgré moi par l’état d’esprit de l’auteure. En fait, c’est très actuel, et pas juste en façade. À priori, cette auteure s’inscrit dans la même mouvance New Adult que Jay Crownover, par exemple, avec des héros tatoueurs, musiciens de rock, barmen, etc. (et toujours très tatoués!) Mais, contrairement à Rule, de cette dernière auteure, qui se contentait de mettre une saveur innovante sur un vieux cliché aux relents sexistes (le héros était un man whore, mais l’héroïne était une vierge blonde sans défaut), Dirty est moderne et féministe jusqu’au bout.

Avertissement, parce que je sais que ça ne plaît pas à tout le monde : les personnages boivent beaucoup d’alcool (en même temps, pour rêver d’avoir un bar, il faut aimer boire…). Mais, pour ma part, je trouve ça très réaliste et très bien rendu, surtout les scènes où l’héroïne est bourrée…

« Do not tickle me! Leave me alone, » I bellowed. « You suck. »
The tickling continued.
« Get away from me, Hewson. I don’t even like you anymore. »
He lay his long body down on top of me, effectively thwarting my ability to fight back. Of course, the feel of him rubbing himself against me woke up my inner horn dog. The desire to arch into him, to stick my tongue down his throat and get me some was mighty. But no! My girl parts would not be so easily swayed. No sex for him.
By god, the jerk was heavy. Elephants, the Titanic, think that kind of weight range.

Enfin, j’ai repris la lecture de A Fighter’s Heart, dont j’avais déjà parlé dans un précédent pêle-mêle, et qui me plaît toujours autant. Je m’identifie pas mal à l’auteur, je crois; il unit ces deux aspects qu’on ne voit pas si souvent ensemble, d’être à la fois un écrivain et le genre de personne qui vit à fond et cherche les expériences, toutes les expériences. Ça me fait plaisir aussi de voir qu’il dit littéralement les mêmes choses que moi, dans mon roman, quand on parle de combat au sol…

Submission fighting is a huge part of ground fighting. It is at the heart of MMA and one of the reasons the sport has a small, educated following. It’s sometimes hard for uneducated observers to understand that while the two guys were rolling around, one guy could have broken the other guy’s arm and the other guy admitted it. A submission can happen in seconds; the « ground game » is extremely technical and about position and outthinking your opponent; it’s a lot like playing chess.

Je vous ai dit que j’avais repris l’entraînement? Le sparring était un peu rough cette semaine; j’ai des bleus partout. Je suis rentrée chez nous et j’ai montré mon triceps à mon chum. « Look what someone did to me! » J’avais des taches bleues et pourpres sur presque 10 cm. Lui, impassible : « It’s just a bruise… » Mais je suis une chochotte.


Bilan à mi-parcours et changement de cap

Je n’ai pas publié de billet sur le blogue cette semaine, mais j’en ai écrit un pour le site des Indéchaînés, que je vous invite à lire : L’autoédition, pourquoi? [S. J. Hayes]. (J’ai moins développé que je n’aurais voulu, parce que la longueur souhaitée par les responsables du site tournait autour de 1000 mots, alors que j’ai l’habitude ici d’écrire entre 1500 et 2000 mots par article.)

J’en profite également pour écrire un pêle-mêle un peu particulier, à l’image de mon billet de résolutions pour 2018. Près de 5 mois se sont écoulés, et je m’aperçois que la direction que je souhaitais prendre n’est peut-être pas la bonne, en fin de compte…

Concernant mon « Projet Bradbury » bloguesque (écrire et publier au moins un article par semaine), je n’ai pas vraiment de regret sur le fond. En revanche, cela m’occupe souvent une journée entière par semaine, ce qui me laisse peu de temps pour autre chose — à moins de revoir à la baisse mes objectifs d’écriture. Or, je ne suis pas prête à ça, considérant à la fois que l’écriture est ce qui me procure le plus de joie et d’apaisement, et que c’est actuellement ma seule activité qui me rapporte véritablement quelque chose. En effet, à ce jour, j’ai déjà gagné plus de 940 € avec mon roman-feuilleton (paru le 22 janvier), contre 18,70 € grâce au sociofinancement (lancé le 31 décembre).

J’adore écrire sur ce blogue, mais je n’adore pas me sentir parfois contrainte à produire mon « quota » hebdomadaire, surtout quand cela résulte en 1) un article mal fichu que je finis par dépublier (arrivé une fois) ou 2) une tendance à choisir des sujets faciles et rapides à traiter plutôt que pertinents et profonds. Je crois aussi que j’aimerais davantage d’échange avec mes lecteurices, et notamment les impliquer dans le choix des sujets.

Je pense donc relâcher un peu la règle d’un article par semaine, et chercher à la place à répondre à des attentes réelles de mon lectorat. Désormais, dans la colonne de droite, vous retrouverez chaque semaine un petit sondage vous invitant à voter parmi plusieurs idées d’articles en attente. Je me réserve le choix de la programmation finale, mais je tiendrai certainement compte de vos avis.

Concernant les ateliers en ligne, c’était sans doute mon projet le plus expérimental, et force est de constater que je ne sais pas du tout m’y prendre. Jusqu’à présent, je n’ai pas du tout réussi à atteindre mon public, et je n’ai pas vraiment envie de faire plus d’efforts de publicité ou de promotion pour y parvenir. Je considère que c’est un échec et je préfère m’en tenir là. Cependant, je reste ouverte à la possibilité de créer et de publier des tutoriels complètement gratuits en CC-BY-SA. Je vous remets ci-dessous les thèmes qui étaient prévus pour les ateliers, et je vous en prie, dites-moi s’il y a quelque chose que vous voudriez que j’explique :

  1. Préparation d’un roman (aussi valable pour les jardiniers/pantsers!)
  2. Écriture d’un roman
  3. Révisions à partir d’un premier jet
  4. Marketing et création d’une couverture
  5. Correction
  6. Création d’un livre numérique avec Sigil
  7. Mise en vente
  8. Création d’une offre papier

Pour ce qui est du militantisme local, j’ai raté la date limite pour proposer un atelier au Salon du livre anarchiste, et c’est presque un acte manqué. Je n’ai pas non plus eu le courage ni la motivation de rejoindre des associations dont la cotisation annuelle tourne autour des 100 $ (mais je me rends à un « café-rencontre » d’écrivain-e-s de la région mercredi prochain!).

Enfin, mon dernier échec, et celui dans lequel j’étais le plus investie émotionnellement, c’est le forum Indésphère. J’avais déjà mentionné mes doutes dans le dernier pêle-mêle : pourquoi m’obstiné-je à vouloir aider les autres? De toute évidence, personne ne veut ou n’a besoin de mon aide. Je ferais mieux de retourner dans ma grotte écrire mes livres, qui, eux, au moins, semblent trouver leur public et me rapportent de l’argent.

En réalité, ce n’était qu’un nouvel avatar d’un fantasme que j’ai depuis mon adolescence. À chaque fois qu’entrer en relation avec les autres devenait trop difficile et trop pénible, je rêvais qu’on m’enferme dans une petite pièce vide avec seulement un bureau, du papier et un crayon, et qu’on me laisse écrire mes histoires sans que j’aie à imposer ma présence aux humains. Seulement, même si mon forum n’a pas décollé, il y a quand même eu 6 inscrit-e-s. Six personnes, ça ne fait pas vivre un forum, mais… pour autant, ça vaut quelque chose. Beaucoup, même. C’est ce qui m’a fait prendre conscience d’un préjugé inconscient que j’avais.

En effet, mon fantasme de la petite pièce vide, je sais aujourd’hui que c’est un fantasme (y compris dans sa version réaliste). Non seulement ce repli sur soi n’est à mon sens pas souhaitable dans l’absolu, mais je sais que cette illusion de confort ne pourrait pas se faire passer pour du bonheur très longtemps. Je crois au rôle social et « engagé » de l’artiste, à un rôle qui dépasse celui de producteurice de biens de consommation. Or, jusqu’à présent, ce rôle-là se traduisait principalement pour moi par une forme d’activisme, de lobbyisme politique. Peut-être parce que c’est ce que j’avais connu, et que cela me manquait…

Vous me connaissez, je ne rate jamais une occasion de parler de moi. Alors, si vous permettez, je vous raconterai qu’entre 2010 et 2013, j’ai été assez active au sein du mouvement étudiant au Québec, qui a culminé dans la grève de 2012. Pendant près d’un an et demi, j’ai siégé à l’exec’ de mon association départementale (les cycles sup’ en science politique), j’ai participé à des congrès de l’ASSÉ en tant que déléguée, j’ai peint des pancartes et des bannières, fait signer des pétitions, tenu des piquets de grève (y compris sous la pluie), bouffé du gaz lacrymo, et me suis retrouvée dans un bus qui s’est fait intercepter et rediriger par la SQ (illes nous ont fait attendre dans des cellules et interrogé-e-s un-e par un-e), etc.

En 2013, j’ai lâché ma maîtrise pour développer ma maison d’édition. Comme j’avais conscience de ne pas savoir ce que je faisais, et peur par-dessus tout de perdre mon temps, j’ai profité d’être mon propre patron pour avoir un enfant en parallèle. Et là, après sa naissance, je dirais que j’ai traversé une sorte de trou noir. Beaucoup de femmes qui ont des enfants en bas âge le vivent, particulièrement si elles étaient habituées auparavant à avoir une vie assez active, assez sociale, et d’un certain niveau intellectuel. Tout à coup, tout cela disparaît. Notre monde se ferme, se réduit aux quelques pièces entre lesquelles on erre à longueur de journée. Et même quand on sort, on est seule, presque toujours seule. Toujours fatiguée, le temps de ne rien faire — surtout pas pour soi-même — et tout le monde autour de nous qui nous répète qu’on ne fait pas assez d’efforts.

Je ne suis pas (re)tombée en dépression (comme tant d’autres femmes), mais je me suis mise à craindre — à juste titre — cette petite pièce fermée, la solitude, l’isolement. Et, naturellement, j’ai voulu recréer ce que j’avais connu avant, retrouver ce que j’avais sacrifié. Militer m’avait comblée; j’avais adoré ça, j’avais eu le sentiment de trouver ma juste place — l’activité qui me convenait parfaitement, le mélange idéal de procédures et de passion. Et, en même temps, peut-être qu’il y avait là-dedans aussi une part d’illusion.

Aucune manif n’est le fun si on n’a pas des potes sur lesquels tomber inopinément, avec qui discuter philo pendant que les autres gueulent autour, et avec qui boire un coup à la fin. L’aspect humain, ce n’est pas la masse anonyme. C’est la promesse qu’on construit quelque chose, quelque chose de réel à opposer à la fausseté du monde qui nous entoure, quelque chose qui survivra à la lutte de circonstance. Or, non. Quelques années plus tard et je ne suis plus en contact avec aucun-e de mes ex-camarades, alors qu’on vit toujours, pour la plupart, dans la même ville (ou si près!). J’avais déjà ressenti le début de ça au dernier party où illes m’avaient invitée, en 2013, et où personne ne m’avait parlé.

Six personnes. Ça ne fait pas un mouvement social, ça. Mais si on peut avoir six ami-e-s, alors c’est beaucoup. C’est énorme. C’est mieux qu’un party où personne ne nous parle. Et je me suis dit alors que « les autres » voulaient peut-être quelque chose de moi; seulement, pas ce que je m’étais obstinée à vouloir leur donner. Je pense qu’on est beaucoup à songer davantage à soi lorsqu’on fait des cadeaux qu’aux personnes à qui on compte les offrir. On croit savoir ce qui est bon pour elles, plutôt que de chercher à leur faire plaisir; après, on s’étonne d’être tièdement reçu-e…

Là où je veux en venir, c’est qu’il existe peut-être un rôle social et une forme d’engagement envers la société qui ne soit pas explicitement politique. Un engagement intellectuel, un engagement artistique, peut-être, mais qui se situe dans une dimension qui échappe à la sphère des rapports marchands et qui échappe à l’industrie. Quant à savoir de quoi celui-ci est constitué, concrètement, je crois que laisser les projets venir et vous en faire la surprise en fait partie.


Pêle-mêle du dimanche

Je crois que l’idée m’est venue vers la fin 2015. J’étais encore en plein dans ma maison d’édition, mais j’avais déjà amorcé un ralentissement des activités, et j’avais hâte de reprendre l’écriture. Écrire pour publier, et forcément, j’allais m’éditer moi-même. Or, ce qui m’étonnait, c’est qu’au milieu de l’infinité de forums consacrés à l’écriture ou à la littérature, il ne s’en trouvait pas un seul pour parler d’autoédition spécifiquement. Et ça, ça me manquait.

Pourquoi un forum? Est-ce que ce n’est pas dépassé, en 2018? De nos jours, tout le monde préfère discuter sur les réseaux sociaux… Mais justement, non. Pas moi. Déjà, le gros problème des groupes ou communautés sur les réseaux sociaux — je pense à Facebook notamment —, c’est que, pour y participer, il faut être inscrit sur le réseau social en question. Et il faut consentir à y être active, à alimenter le monstre. Or, nous avons plus que jamais des raisons de ne plus vouloir utiliser Facebook (puisque c’est de lui dont il est question), comme le démontre le billet suivant, que je vous recommande : « Veuillez accepter nos conditions » : la fabrique du consentement chez Facebook (et les moyens d’y mettre fin).

L’autre inconvénient, à mon avis, réside dans le fonctionnement même des réseaux sociaux. En effet, celui-ci est basé sur une masse de publications si dense que chacune est constamment poussée vers la sortie par une plus récente. C’est d’ailleurs ce qui entraîne le cercle vicieux des publications répétitives et proches du spam, une obligation si l’on veut espérer la moindre visibilité. Toute nouvelle qui n’aura pas su capter immédiatement l’intérêt des personnes en ligne est vouée à sombrer dans l’oubli après quelques jours, voire quelques heures! Cela ne crée pas un environnement propice à la discussion, encore moins à la réflexion.

C’est pourquoi je pense qu’un forum a encore sa raison d’être, si nous souhaitons être réellement ouvert-e-s, inclusifs/-ves et libres. En novembre, ayant ressenti un intérêt pour un site vitrine et/ou de réseautage entre auteur-e-s indépendant-e-s, j’ai tenté d’y rattacher mon idée de forum. Nous avons eu quelques discussions très riches, j’ai eu l’occasion de découvrir plusieurs auteur-e-s autoédités que je suis toujours, mais… le projet lui-même, hélas, ne s’est jamais concrétisé.

C’est toujours difficile de construire quelque chose avec des personnes en ligne, qu’on ne connaît pas si bien, et avec lesquelles on ne partage aucune culture de travail. C’était déjà la raison qui, en 2012, avait fini par me persuader d’ouvrir ma propre maison d’édition à compte d’éditeur (plutôt qu’une structure horizontale autogérée). Depuis, je m’en suis abondamment mordu les doigts, et j’espère juste que ce ne sera pas le cas avec ce nouveau projet que j’ose lancer en solo : Indesphere.org, votre forum consacré à l’autoédition (ouvert à toute personne intéressée par le sujet, qu’elle soit ou non auteur-e ou autoédité-e).

Mais non… Cette fois, je ne m’acharnerai pas. Si le forum ne décolle pas, s’il s’avère ne combler aucune attente — à part les miennes —, j’accepterai ce nouvel échec (je n’en suis plus à un près!) et j’enterrerai ce rêve. Il n’y a rien de pire que de maintenir un zombi sous respiration artificielle… (Oui, allez-y, filez la métaphore; vous obtiendrez le fond de ma pensée.)

Par ailleurs, vous n’êtes pas sans savoir que je me suis toujours sentie très concernée par les questions de diffusion et de vente du livre numérique. Il y a longtemps que je fantasme sur une plateforme de vente « indie-friendly » qui nous prélèverait moins que 30 % du prix HT de nos livres (à la manière d’un Bandcamp, qui ne retient que 15 % sur les ventes de musique). Or, après discussion avec mon distributeur, je crois qu’il est temps que je fasse mon deuil de cette idée aussi… Le marché de l’ebook francophone n’est simplement pas assez mature pour soutenir ce genre d’initiative.

C’est le cercle vicieux dans lequel nous sommes pris, à savoir que la faiblesse du volume des ventes ne permet à aucun acteur minoritaire la moindre marge de manœuvre. Je vends des ebooks à 10 € parce que mon distributeur et mon libraire ensemble me prennent 40 %, et ceux-ci prennent « autant » parce que les ebooks ne se vendent pas assez bien… Et ainsi de suite. Finalement, j’ai l’impression que tous nos maux, y compris dans l’autoédition, ne reviennent toujours qu’à ce fait unique : trop peu de gens lisent et achètent des livres numériques. Non, nous ne sommes pas trop d’auteur-e-s dans l’absolu; nous sommes juste trop d’auteur-e-s pour aussi peu de lecteur-ices.

Si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire cet article de 7switch, libraire numérique indépendant : 30% : une histoire de remises. Concernant les prix, on y apprend notamment (je souligne) :

  • Les petits prix, s’ils n’accompagnent pas une opération commerciale exceptionnelle qui garantisse que les clients valideront des paniers très volumineux, sont une mauvaise idée (s’il fallait encore le confirmer).
  • Lorsque nous vendons des montants inférieurs à 3€, nous perdons de l’argent.

Il faudrait modérer cette dernière affirmation en la limitant au cas de la remise de 20 % (ces remarques suivent un tableau comparatif 20 % vs 30 %), mais elle est vraie dans tous les cas pour les achats de 1 €. Pour ma part, j’en prends acte et je cesserai dorénavant de proposer du contenu à 0,99 € (ce ne sera pas trop dur, car je n’écris pas de nouvelles).

Le bon côté des choses, c’est que les ebooks à 10 € se vendent bien (mes ventes ont presque doublé depuis mon dernier bilan, il y a un mois), signe qu’assez de personnes accordent encore de la valeur à notre travail — d’auteures, d’éditrices. Dans mon découragement et ma résignation, j’en viens donc à me demander si nous avons besoin de solutions alors que les choses ne vont pas si mal. Peut-être vis-je dans une illusion totale, victime d’une sorte de syndrome du sauveur qui me pousse à me battre en permanence contre des difficultés que je n’ai même pas moi-même… Je ne sais pas; à vous de me le dire.


Pêle-mêle du dimanche

Ça fait un moment que j’ai envie de publier un petit récapitulatif de choses diverses et variées, mais… le temps me manque!

Enfin, je peux vous parler de Planet Earth II et Blue Planet II, les dernières saisons en date d’une série de documentaires d’histoire naturelle de la BBC, présentés par David Attenborough (aka l’idole de jeunesse de mon conjoint). Ce sont des films époustouflants, avec des images magnifiques, des histoires incroyables, et un montage qui ne nous permet pas de nous ennuyer une seule seconde… Que vous aimiez spécialement ou non les animaux et la nature, l’intérêt de ces documentaires va pour moi au-delà; pour nous autres créatives et créatifs, c’est aussi une leçon d’humilité, un rappel formidablement inspirant de la créativité infinie du réel, que l’on oublie parfois depuis le contexte étroit de nos villes modernes.

Je sais que je peux être tannante, avec mon refrain sur le réalisme en fiction, le fait que « l’évasion » et le fantasme ne m’intéressent pas et que rien n’est plus beau et plus fou que la réalité… Cependant, ces films sont le meilleur argument en faveur de ma thèse! Une démonstration en règle que le réel est, bien souvent, plus étrange que la fiction.

Ainsi, dans l’épisode The Deep de Blue Planet II, on découvre un poisson à la tête transparente — ce qui lui permet d’avoir une vision sans angle mort. Pratique, y a pas à dire! Nous faisons aussi la connaissance d’une autre espèce de poisson, dont certaines des femelles les plus grosses peuvent se transformer en mâles. Elle va se mettre à l’abri d’une cavité, ses hormones changent de femelle à mâle, et puis il en ressort, prêt à défier le mâle dominant pour le contrôle du groupe!

Et mon préféré : le lac tout au fond de l’océan. Oui, vous avez bien lu! Un lac salin qui, en raison de sa plus grande densité, reste séparé du reste de la mer. Des moules géantes hérissent ses rivages, et quelques cadavres d’infortunés flottent à la surface… En effet, si quelques animaux téméraires s’y aventurent parfois en quête de nourriture, attention! Son eau est tellement salée qu’y rester une seconde de trop peut donner des convulsions à l’audacieux, jusqu’à l’empêcher d’en réchapper. Enfin, dans le dernier épisode, on a une seiche mâle qui va profiter de sa petite taille pour se déguiser en femelle, et réussir grâce à ce subterfuge à s’accoupler avec la vraie femelle au nez et à la barbe du gros mâle dominant! C’est digne d’un vaudeville, vous ne trouvez pas?

J’ai vu Planet Earth II il y a plus longtemps, mais je me rappelle deux épisodes différents qui montraient un groupe de lionnes en chasse, et… Waouh! C’est la parfaite description visuelle de badass! (On en voit des extraits dans la bande-annonce ci-dessus; aussi, le combat des aigles, les singes qui font du parkour dans les villes d’Inde… inoubliable!) Et c’est cela, au fond, qui m’a le plus frappée, en tant qu’écrivaine : avec quelle facilité et quelle intensité toutes ces scènes issues du réel suscitaient en moi les émotions que tant d’œuvres de fiction peinent à évoquer…

Sur un autre sujet, j’ai fait l’acquisition le mois dernier de Tueurs d’anges, un roman autoédité de Rozenn Illiano. Je n’ai pas encore commencé ma lecture, parce que j’ai beaucoup de mal à lire lorsque j’écris en parallèle… Mais ça me donne une raison de plus de me remettre au jiu-jitsu : avoir du temps pour lire dans les transports (même si j’ai aussi l’habitude de prendre ce temps pour travailler mes scènes à l’avance…).

Sinon, j’ai également découvert les écrits d’Erwin Doe avec le début de la série Un long voyage, que j’ai vraiment bien aimé. Ses textes sont en lecture libre. Et je n’ai pas encore décidé quel-le auteur-e indépendant-e je vais acheter pour le mois de mars…

Enfin, quelques liens vers des articles qui m’ont intéressée et touchée : tout d’abord, Nous méritons tous nos propres histoires d’amour : Plaidoyer pour un héros banal, de Jo Ann von Haff. Je songe à en reparler dans un prochain billet, consacré à la création de personnages « attachants ». Deuxièmement, si vous lisez l’anglais, Courtney Milan on Feminism and the Romance Novel est une interview de l’auteure, assez courte, et que je peux appuyer presque en tous points. Il y a quelque chose qu’elle dit en particulier, que je n’avais jamais pensé en ces termes, jusqu’à ce que je relise mon dernier manuscrit de romance… et je ne peux désormais qu’abonder dans son sens :

I don’t actually try and make people sexy to the reader. I try to make them sexy to each other and to put you enough in the point of view of the character involved that you can feel that attraction.

Je crois que j’apprends de mieux en mieux à me séparer de mes personnages et de ma fiction. Au départ, je voyais beaucoup mes héros comme tous les hommes avec qui j’aurais pu être, mais, plus je les creuse, et plus je fais un effort de diversité, plus je réalise que non, au fond, je n’aimerais pas forcément être avec des hommes comme ça pour de vrai… mais mes héroïnes, si — et c’est bien la seule chose qui compte!


Pêle-mêle du dimanche

Je suis très fière de vous annoncer la publication, ce dernier lundi, d’un article que ma sœur et moi avons mis près de deux mois à écrire : Reassessing the ‘Digital Commons’. Part I — Sustainability and Funding. J’ai appris énormément sur les communs à cette ocassion, sans pour autant abandonner les idées que j’ai déjà défendues dans ce blogue même (voir Les droits culturels, une nouvelle façon d’envisager la création). Et si vous ne lisez pas l’anglais, je compte développer dans de prochains billets quelques aspects qui m’ont marquée lors de mes recherches sur la question.

Sinon, je pars en vacances — encore! Je sais; on ne peut décidément pas travailler tranquille… C’est le prix à payer lorsqu’on a de la famille qui vit à l’autre bout de la planète! Cela dit, je compte maintenir le rythme de publication d’un nouvel article par semaine, et je vous rappelle que les « pêle mêle » de ce genre ne comptent pas.

Côté lecture, je traverse une sorte de panne depuis plus d’un an, en partie due à la reprise de l’écriture. Je trouve difficile de beaucoup lire lorsque j’écris, car mes projets ont tendance à monopoliser mon cerveau, même durant mon « temps libre ». Je vais cependant tenter de profiter de cette coupure relative pour me replonger dans les livres des autres. En particulier, j’ai décidé cette année d’acheter au moins un livre autoédité par mois. On commence donc avec Le Déni du Maître-Sève, le premier tome d’une trilogie fantasy de Stéphane Arnier, donc j’ai récemment découvert le blogue — qui soulève plein de questions intéressantes, si vous êtes auteur-e et que vous aimez réfléchir à votre art!

Et vous, que lisez-vous en ce début d’année?


2018, communauté, activisme et sociofinancement

En 2018, si Dieu le veut, je pourrai enfin faire de l’écriture mon activité principale. Et, si j’y passais tout mon temps disponible, j’ai calculé que je pourrais écrire et publier 4 romans par an (du moins, en théorie…). Sauf qu’à 30 ans, je commence finalement à me connaître, et je sais pertinemment que je ne supporterai pas de me tenir à un régime réduit à de la productivité pure… Le problème, c’est que je n’arrive pas à avoir des œillères, à faire abstraction, à compartimenter mon esprit — ou alors, pas pour longtemps. Je ne peux pas prétendre défendre des valeurs de justice et d’humanité à l’intérieur de mes romans et, à côté, en parallèle, embrasser sans réserve l’inhumanité et l’injustice qui caractérisent le mode de fonctionnement dominant de la société, que ce soit à travers les « industries culturelles » ou les « réseaux sociaux », ou encore la « propriété intellectuelle »…

En réalité, je l’ai fait — pendant 5 ans avec ma maison d’édition. Un témoignage de ma bonne foi, j’espère; une preuve formelle que je ne rejette pas cela par simple posture gauchiste, par tradition ou préjugé, mais bien parce que j’ai essayé avec tout l’enthousiasme que j’avais et que l’atterrissage a été rude. Comme d’habitude, les personnes sont les seuls aspects à sauver dans ce naufrage, et c’est d’autant plus horripilant de songer qu’on est tou-te-s pris-es là-dedans, obéissant malgré nous à des logiques qui pourrissent le monde.

En d’autres termes, on n’écrit et on ne publie pas dans une bulle, ni dans l’éther. À quoi bon écrire des livres qui dégoulinent d’amour du prochain, de solidarité et de bons sentiments, si on s’en sert ensuite pour participer à — et, de là, légitimer, encourager — la concurrence sauvage du marché capitaliste? À quoi bon écrire des textes qui exaltent la liberté et la diversité, s’ils vont ensuite enrichir des corporations multinationales, renforçant leur mainmise sur nos vies et la standardisation universelle des goûts et des couleurs? Je n’ai pas de réponse, et encore moins de modèle à proposer. Nous sommes tou-te-s en partie prisonniers/-ères du système, et moi pas moins qu’un-e autre. Mais ça me travaille, c’est le moins qu’on puisse dire… Je suis aussi incapable de m’empêcher d’écrire, que d’accepter de publier dans le statu quo qu’on nous offre sans au moins chercher à changer les choses.

J’ai donc résolu de consacrer environ un jour de travail par semaine non à écrire ou à publier, mais à militer et à œuvrer dans la communauté. Par « la communauté », j’entends celle des personnes qui, comme moi, s’intéressent à la littérature et à son devenir, aux conditions dans lesquelles on peut écrire en 2018, à ce que signifie écrire en 2018. Parmi mes projets les mieux garantis, je me suis lancé le défi d’une sorte de Projet Bradbury version non-fiction : écrire et publier un billet de blogue par semaine pendant un an. Ces billets seront à l’image de ce que j’ai publié cette année, soit un ensemble éclectique de réflexions, retours d’expérience, opinions, « conseils » (ou plutôt témoignages) d’écriture, récits autobiographiques, etc.

J’ai également le projet de me lancer dans quelque chose de complètement nouveau : les ateliers en ligne. Cela me semble le prétexte idéal pour me forcer à synthétiser et à mettre en forme mes compétences de manière à pouvoir réellement et aisément les transmettre. J’ai prévu à priori une série de 8 ateliers distincts, répartis sur 12 mois :

  1. Préparation d’un roman (aussi valable pour les jardiniers/pantsers!)
  2. Écriture d’un roman
  3. Révisions à partir d’un premier jet
  4. Marketing et création d’une couverture
  5. Correction
  6. Création d’un livre numérique avec Sigil
  7. Mise en vente
  8. Création d’une offre papier

Mon but est qu’en suivant tous ces ateliers, vous puissiez partir complètement de zéro et réussir à publier un roman à la fin de l’année. Mais il est également possible de n’en suivre qu’un ou certains, selon votre intérêt et ce que vous percevez comme votre ou vos points faibles. Comme mon but premier est de disséminer des connaissances (qui ne sont ni ma création ni mon apanage), les ressources textuelles seront publiées sous licence libre. J’ai envisagé d’offrir les ateliers gratuitement ou à prix libre, mais, en fin de compte, je pense opter pour un tarif symbolique (15 € / 20 $, moitié prix pour tout atelier suivant), afin que l’inscription ait valeur d’engagement pour les participant-e-s.

Dès que j’aurai une première publication à mon nom (de plume), je compte aussi devenir membre de l’UNEQ et de l’AAM, au sein desquelles j’entends, d’une part, promouvoir l’autoédition et, d’autre part, diffuser une critique du droit d’auteur-e dans la perspective des Communs. Si je peux et que je m’en sens capable, ce sont également des sujets sur lesquels j’aimerais donner des présentations, des ateliers, etc., notamment en milieu anticapitaliste et libertaire.

Enfin, j’ai quelques projets plus collectifs dont je ne saurais promettre la réalisation, mais qui risquent de m’occuper un peu… Déjà, un lieu de rencontres sur la Toile entre artistes indépendant-e-s, qui reste encore à définir davantage (mais on a parlé de « vitrine », de « réseau », d’« annuaire », de « forum »…). Et, dans un genre encore plus ambitieux, une coop de distribution et de revente de livres numériques avec d’autres éditeurs/-trices indépendant-e-s (incluant les auteur-e-s autoédité-e-s).

J’ai du pain sur la planche et, honnêtement, on verra ce que ça va donner! C’est important pour moi qu’aucune de ces activités ne soit menée dans une démarche commerciale. Pour autant, cela signifie forcément que je ne pourrai écrire et vendre que 2 à 3 romans maximum dans l’année, pour une bête question technique de temps. Cela limite donc mes sources de revenus; et c’est pourquoi j’ai décidé de me lancer dans le sociofinancement! En réalité, je n’en espère pas grand-chose, et pour cause : je suis depuis longtemps très sceptique de ce mode de financement (j’écrirai peut-être un jour un billet pour expliquer pourquoi). Cependant, le concept de Liberapay ne comprend pas certains défauts, pour moi rédhibitoires, d’autres plateformes : c’est une OBNL qui ne prend aucune commission supplémentaire sur les dons, et il n’y a aucun système de récompense. (C’est aussi un projet libre, ce qui ne gâche rien…)

Sans plus attendre, voici le lien vers mon compte : https://liberapay.com/Jeanne. Si vous voulez m’encourager à réaliser tous ces projets, valider mon choix de ne pas me consacrer uniquement à des activités mercantiles, m’aider à ne pas dépendre entièrement du succès (fort hypothétique) de mes livres… vous pouvez désormais le faire à raison de quelques (centièmes d’)euros ou dollars par semaine. Ça peut paraître contradictoire de vouloir se faire payer pour des activités qui se veulent « non commerciales », mais voyez-le ainsi : ce n’est pas que je sois en soi anti-commerce; seulement, je ne veux pas avoir à vendre ces « services » comme des marchandises, à prospecter des clients ni à exclure des personnes qui, faute de moyens, ne pourraient pas payer. Malheureusement, en attendant qu’on abolisse l’argent et le travail, je dois bien justifier l’occupation de mes heures de travail… Alors, la question, finalement, est simplement : voulez-vous me donner les moyens de mener ces projets à bien? (Ou non… Vous avez le droit de trouver tout ça complètement nase et inutile!)

Dans tous les cas, ne vous inquiétez pas, je compte bien m’amuser… Et même si je devais me rabattre sur l’écriture à temps plein, je n’aurais pas de quoi me plaindre, j’imagine. Alors, quoi que l’année 2018 ait en réserve pour moi, je vous en souhaite une très belle et bonne!